Gün Bitecek Yırt Fotoğrafları [FR]

Sur l'exposition personnelle intitulée

"Gün Bitecek Yırt Fotoğrafları"

Avec un horrible ciseau

Ils m’ont retiré d’un ancien cliché

Une moitié de ma joue demeure

Qui par le vide est complétée*

*Prologue, Metin Altıok/Traduction du poème: Claire Lajus

Ces vers, tirés du poème Prologue de Metin Altıok, sont comme l’expression verbalisée de l’exposition de Deniz Bayav intitulée « Gün Bitecek Yırt Fotoğrafları/ Le Jour Se Terminera, Déchire Des Photographies ». Traitant le problème du temps depuis ses premières travaux, l’artiste préfère arrêter et immobiliser le temps avec des coups de pinceau doux et des couleurs pastel plutôt que de montrer l’écoulement du temps et elle réduit  la  conception  du  temps  a  un  seul  instant  au  moyen  de  photographies.

 

Pour Deniz Bayav, qui préfère surtout utiliser les photographies qu’elle a prises, les photographies expriment souvent la tristesse plutôt que les moments heureux. Dans ses travaux tels que « Photo Déchirée III », « Au Port », «  Il N’y Avait Personne », dans lesquels elle se concentre principalement sur une seule figure, une déconnexion est ressentie entre les figures posant et le spectateur ; car ce n’est pas la figure que Bayav souhaite  montrer  dans la peinture. Elle est en quête de l’invisible et non pas de ce qui  se voit. Plutôt que de montrer la figure qui apparait sur la toile, elle veut transmettre et faire ressentir au spectateur les émotions de l’autre qui a vécu ce moment ou pris part à ce cadre photographique, la personne qui a déchiré les photographies. En revanche, dans ses travaux tels que « Il Était Une Fois » et « Mon Cœur est Une Tristesse Verte », il est plus facile pour le spectateur de ressentir la présence de la deuxième figure invisible et de transformer sa narration en fiction… 

   

Le recours à des photographies déchirées comme image ajoute un sens émotionnel aux travaux, en plus, ceci ajoute une dimension esthétique. Les travaux de Deniz Bayav sont la projection des tranches de temps sur la toile.

Le protagoniste de la narration est le temps dans les travaux de Deniz Bayav, qui se concentre sur les figures et essaie de transmettre les frustrations et la détresse d’un individu qui se sent impuissant et seul face à la complexité du monde moderne en activant l’imagination du spectateur. Alors que le temps représente un moment passé qui était réduit à un seul cadre photographique d’une part, d’autre part, il crée le langage du dialogue avec le spectateur en s’intégrant au moment présent dans lequel elle construit des narrations sur ce cadre photographique.

 

Şafak Güneş Gökduman

Traduction du texte : Deniz Bayav

Rédaction française : Marie Göy

Voir la série Photos Déchirées